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vendredi 20 octobre 2023

Critique littéraire de Frondes étourdies suivi de Ressort des vagues

Pierre-Michel Sivadier nous présente une critique littéraire qu'il a reçue pour son recueil Frondes étourdies suivi de Ressort des vagues, par Gabrielle Danoux


Frondes étourdies - Ressort des vagues
Pierre-Michel Sivadier


Dualité de la mer, celle de la couverture, sachant être à la fois calme et déchaînée, dualité de l’amour qui veut le rapprochement encerclant mais qui tend néanmoins à prendre le large (« Au bout d’un temps, tu t’en iras », p. 23).

Ces « frondes [belle polysémie du mot] étourdies » pour « laver notre esprit » (p. 22) de cette douleur qui empêche les « beaux jours » de sonner. Le poète fait une référence directe à Charles Baudelaire en le citant page 15 et invoque un « cœur remède », dans un très beau poème qui commence ainsi :

« Arabesques et terre.
Si tant est qu’à la misère,
nous fassions face ».

À qui prêter encore « serment », quand tout n’est que « maléfice » : « Aux sarments de ces vignes » ? Mais à force d’interroger « le hasard, on hésite et puis c’est trop tard » (p. 20) Je pourrais gloser encore et encore sur ces vers, assez hermétiques pour un lecteur distrait, mais la plus pertinente manière de définir l’écriture de Pierre-Michel Sivadier, musicien de grand talent par ailleurs est, par l’effet d’une lumineuse mise en abyme, de citer le texte de la page 25 :

« D’écriture frustre,
brusque,
brute,
innommable, délicate, anodine, délétère, perverse,
personnelle, impersonnelle,
délictueuse, délicieuse, elliptique, évasive, vague
enlacée, entravée, censurée,
sèche, cuite,
brûlée »

L’auteur a la musique « dans la peau » et j’ai été charmée par les sonorités subtiles qui traversent le recueil, mais surtout par les poèmes « Pina Bausch et le fleuve » et « Coltrane à l’instant ».

Sa modestie, son âme d’enfant se rejoignent dans la musique comme il l’écrit, dans cet autoportrait :

« Je n’ai jamais envisagé la musique comme un divertissement.
Pourtant, je la pratique dans la joie.
La joie et la gravité.
Une gravité qui stabilise nos corps et nourrit notre esprit.
Un poids, un engagement profond, essentiel et sensuel.
Sérieux comme un jeu d’enfant. »
(p. 68)

« Joie » et « gravité », autre dualité résolue par le « ressort des vagues ».

Gabrielle Danoux

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