mardi 22 octobre 2019

Critique littéraire de Xura

Thierry Moral, auteur du roman (Parenthèses) publié aux Éditions Stellamaris, nous offre une critique littéraire de mon roman illustré de poèmes, Xura. Merci de tout coeur !

Xura

Il est des livres que l'on attend plus que d'autres. Le principe de cet ouvrage n'est pas banal. Il s'agit d'un compte rendu de campagne de jeu de rôle. Oeuvre donc individuelle (scénario par le meneur de jeu) et collective (personnages créés par les joueurs). L'univers n'est pas inconnu pour moi : c'est celui d'H.P Lovecraft. Par n'importe lequel chez Lovecraft, celui des mondes oniriques. Ayant conté "Les chats d'Ultar" je ne pouvais que saliver d'avance. La forme est surprenante : roman, récit à plusieurs voix, carnet de voyage et poème. De quoi contenter ma curiosité artistique.

Nulle intention de raconter l'histoire ici, juste de dire que l'ensemble des choix sont pertinents, forts et très fins. "C'est quoi, ces jeux de rôles ?" Lisez Xura, vous saurez que c'est bien plus que ce que le préjugé veut bien dire. C'est épique, réel, poétique... Les personnages sont ancrés dans le Brestois actuel, avec une réalité sociale forte. L'échappatoire onirique est plus qu'utile. Sauf qu'un personnage ne revient pas. Alors sans se concerter, ils vont partir à la recherche de leur amie perdue. 

La quête est fidèle à l'univers de Lovecraft. Sauf que souvent c'est ineffable, indicible et on reste sur sa faim. Les descriptions ne sont pas lourdes, car la poésie prend le relais. Les inserts poétiques agissent parfois comme un choeur antique, une voix collective. Les personnages en prennent pour leur grade. Qu'en est il du corps physique ?

Le dénouement et l'affrontement avec Xura est une excellente trouvaille que je ne révélerai pas en ces lignes. Cela vaut le détour. Les dessins, typiques des campagnes de jeux de rôles, sont très fins. Bref, j'ai beaucoup apprécié. J'avoue avoir été un peu "dérangé" au début de la lecture par le systématisme récit / poème, puis ce choix fort, courageux et essentiel à l'oeuvre s'est imposé comme une évidence, une respiration, une fenêtre ouverte sur l'onirisme. 

En résumé, c'est un très bon livre. Je me suis régalé.

Thierry Moral


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