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dimanche 7 juillet 2024

Critique littéraire de Seulement si...

 Amalia Achard nous propose une critique littéraire de son recueil, Seulement si..., par Josselyne Chourry



Seulement si...

Seulement si… nous pouvions entrevoir avec « seul le geste de la plume / et l’errance de quelques pensées » (p. 11) ce qui se meut par-delà les absences douloureuses, peut-être changerions-nous le cap de nos espérances ?

Dès le premier poème de ce recueil, Amalia Achard nous dit « Je plie mon âme / et je la range dans mes bagages.  / La valises est prête / Je m’en vais » (p. 6)

Le voyage de l’âme n’est pas une fuite éperdue mais une plongée en soi, une exploration profonde de tout notre être qui nous interroge « Là-bas, aux bords imaginaires de l’infini » (p. 11) et qui ne cesse de nous émouvoir car « Que savons-nous de la larme de fond / celle sur laquelle se bâtit chaque pleur… » (p. 10)

La poésie d’Amalia ressemble à un « psaume » qui s’inscrit sur la page blanche, une prière peinte dont la force « a fait fondre toutes les couleurs » dans l’aveuglante lumière d’un espoir. Car derrière l’absence et le compromis de ceux qui cherche à mesurer « la largeur de chaque pas / par peur de dépasser les limites du permis » (p. 17), il y a des rêves de liberté, des blessures à transcender et des injustices à dénoncer. 

« Être, c’est interroger » a écrit le poète Edmond Jabès. Amalia s’interroge et nous interroge ; « Qui suis-je pour tester / toutes les douleurs / ou pour tenter le bonheur » … ou encore « Qui suis-je pour rêver d’un monde parfait / et vouloir riposter aux affronts de l’injustice… » (p. 23)

Ecrire est aussi l’affirmation de l’être à travers maintes réflexions. La poétesse module ses émotions à fleur de peau, mais son ultime question est « est-ce qu’écrire la poésie ça fait mal ? ». Valise à la main avec la poésie pour compagne, Amalia nous invite à la suivre parce que malgré tout « la poésie peut faire fondre / tous les glaciers du cœur » et qu’elle sait bien « de quelle façon arracher les tripes / pour qu’on flotte plus léger / à travers la vie » (p. 49)

Seulement si … chacun filtrait plus souvent la vie aux paroles des poètes, nos cœurs s’en trouverait plus libres et pacifiées assurément. 


Josselyne Chourry (30 avril 2024)



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