lundi 23 septembre 2019

Critique littéraire de J'habite la maison aux fenêtres fermées

Amalia Achard, traductrice et/ou autrice de nombreux recueils publiés aux Éditions Stellamaris, nous offre une superbe critique de J'habite la maison aux fenêtres fermées, de Ionuţ Caragea

Esprit missionnaire 


La poésie – nombreux frappent à sa porte, mais très peu sont ceux qui ont l’accès. 

C’est en plein milieu de ce monde lyrique que Ionuţ Caragea bâtit sa demeure. Sa « Maison aux fenêtres fermées » est un espace bordé de rêves à travers lesquels les yeux de son âme peuvent voir, d’une manière absconse à notre compréhension, le Cosmos dont nous sommes juste des miettes du temps. 
  
Otage de ses propres pensées, son rôle est d’ériger les mots qui soutiendrons ses pas vers une renaissance. Avec chaque poème, il est 
« mort et vivant à la fois / dans le temps et hors du temps ».
Son quotidien est une continuelle transcendance entre le rêve et le réel. À la recherche, on dirait, de leurs frontières. 

Ionuţ Caragea est tourmenté par son destin de poète dont il connaît bien le poids. Il n’a pas le droit à l’erreur, et, dit-il
« je prie de rester conscient / pour le reste de ma vie ».
Car sa poésie se doit d’être en harmonie avec la nature exquises et l’univers judicieux créé par le divin, le même divin qui lui a légué la mission de répandre le mot.      

Sa solitude est celle de l’être qui se distingue de l’unanimité ordinaire, de l’être qui approche une vérité ignorée par la foule, la solitude d’un astre qui envoie sa lueur à des années lumière. Faut-il encore que des yeux se lèvent vers sa hauteur pour le voir briller. Car
« celui qui connaît la solitude / s’avère maître de la parole ».
Poursuivi par des questions, par des rêves manqués, par les ombres du doute, Ionuţ Caragea s’enferme dans son cœur 
« pourvu de quatre abris / anti-haine pour l’âme ». 

Et celle qui éblouit son âme et qui rêve à ses cotés – la femme aimée – est à la fois une source fraîche dans laquelle, se baignant, le poète s’imprègne d’amour de vie et renforce ses ailes pour des vols étourdissants au-dessus de son monde fantastique. 
Envers et contre tout. 

L’émotion contenue dans les vers fait du recueil « J’habite la maison aux fenêtres fermées » une lecture ou un cadeau à offrir exceptionnel. 

Amalia Achard

Aucun commentaire :

Publier un commentaire