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dimanche 6 mars 2016

Critique littéraire de Milieu ouvert, suivi de Les jeunes hommes

Thierry Moral, auteur de (Parenthèses), nous offre cette critique littéraire de Milieu ouvert, suivi de Les jeunes hommes


Milieu ouvert, suivi de Les jeunes hommes


Rares sont les auteurs dont je peux dire que j'ai tout lu ; c'est le cas de Nicolas Wallart. J'attendais avec impatience ces « nouvelles » histoires ; je me suis replongé dans son univers de manière naturelle, comme s'il ne m'avait pas vraiment quitté. On traîne toujours plus ou moins autour des années 80, 90, entre condition humaine modeste et désirs de voir les choses autrement. Les punks, les skins, la new wave, le désir d'écrire, le rêve d'être sur scène sans pâlir, la condition carcérale, ne sont jamais loin. Les liens entre ces deux histoires sont la prison et l'armée. Pourquoi on s'y retrouve ? que ce soit du côté détenu ou du côté surveillant. Comment on s'en sort ? au sens propre comme au sens figuré. Les idées reçues qu'on en a... Les destins des personnages sont simples, comme un fil qui se déroule. Ce qui m'a surpris avec ces deux histoires, c'est la violence sourde et brutale qui surgit et vient rompre ou malmener ce fil narratif. L'un se retrouve presque borgne, l'autre quitte le régiment pour échapper au pire. Non, on n'a pas de réponse à l'origine de cette violence ; elle est là, tapie dans l'ombre, fondamentale, attendant une absurde étincelle pour prendre forme et s'abattre sur « quelqu'un ». Les « victimes » sont des anti-héros peu glorieux mais profondément humains qui veulent juste voir les choses autrement. Le travail littéraire de Nicolas Wallart ne m'apparaît pas vraiment comme une suite d'histoires distinctes, mais comme une sorte de variation sur un univers unique, sensible, multiple et profondément humain. Attention, aucun écrit ne se ressemble, la langue se déploie sous différentes formes (du « Je » pour « les jeunes hommes » au « Il » multi-face pour « Milieu ouvert »), pourtant des motifs reviennent, comme des obsessions : la phobie, l'écriture, la culture underground, le clivage punk/skin. Je trouve ça très fort de savoir tenir ses lecteurs avec ces sujets, sans tomber dans les pièges de la narration « facile » ou « automatique ». L'auteur nous entraîne dans cette poésie romanesque où l'on aime se perdre, se retrouver, partager le temps d'une lecture, sa quête, inaccessible dirait Brel ? J'espère un jour lire un de ses écrits qui la nommerait telle qu'elle est dans son âme. Alors je reste aux aguets, du prochain, mais pas de la fin.

Thierry Moral