dimanche 23 novembre 2014

Critique littéraire de De vous à moi émois

Erick Gauthier, auteur de nombreux ouvrages publiés ici, nous offre cette critique littéraire de De vous à moi Émois, de Annie Berlingen


De vous à moi Émois

Poésie de l'offrande, poésie du dévoilement, ce recueil se livre, s'ouvre avec la pudeur sereine des sentiments. Comme l'annonce l'auteur, A. Berlingen, elle nous emmène «un endroit secret », dans le secret de ses écrits (p. 10). Là, elle se raconte. Sur les vagues des âmes, le lecteur se laisse porter par ses vers de douceur. L'auteur se dévoile et en se dénudant dans la lenteur des gestes éternels, drape le lecteur de silencieux instants de partage. Car il s'agit bien là, à travers ces vers, d'une poésie de partage dans laquelle le lecteur entre sans frapper sur les « bords de ses rêves » (p. 21). Mais de ces rêves gemmes, des cauchemars parfois s'immiscent et alors, la poétesse prend les armes (p. 25) et s'insurge. Se bat. Elle et d'autres (p. 28). « Aux automnes de sa vie » (p. 27), les rêves se racontent, les émotions s'étalent (p. 30) sur l'horizon des jours à-venir. « Aux chemins de hasard » (p. 33), l'espoir vole vers d'autres ciels pour cueillir des sourires (p. 35) « sur le bord de ses larmes » (p. 37) et des stigmates de la vie. 

Ce recueil ne pourra se dissoudre dans le silence (p.49) mais ne peut que « rejoindre d'autres lendemains » (p. 49) que nous ne pouvons, que souhaiter nombreux.

« De vous à moi, Emois » se vit, se partage. Les textes en suspens portent de leurs mots (maux ?) le lecteur. Ouvrir ce livre est entrer dans les profondeurs de son âme. 

La poétesse privilégie les quatrains et les alexandrins. Cette forme lui sied, semble-t-il, à merveille, mais la bride. Un doute subsiste alors : le vers libre ne serait-il pas la voie/voix suprême d'une liberté à explorer ? 

Peu importe la forme, dira le lecteur. A. Berlingen nous livre là un ouvrage somptueux où perlent des larmes poétiques versées de la plume d'un cœur si amoureux. 

Erick Gauthier