lundi 19 avril 2021

Critique littéraire de (Parenthèses)

Thierry Moral nous partage une critique littéraire de son roman, (Parenthèses)


(Parenthèses) est enfin arrivé en librairie. Un saut de puce – moins de 10 km, confinement oblige – et je l’ai en mains. À peine le temps de le lire, j’ai déjà envie d’en parler.

On sent, dès le début, Georges et Adèle un peu perturbés. Tous deux sont comme enfermés dans une sorte de carcan dont ils ressentent le besoin impérieux de se libérer. Dans cet état, ils ont des difficultés à communiquer. Ils partageront donc le silence, une façon qui leur convient mieux pour exprimer les non-dits que les mots creux, usés, vidés, que d’autres utiliseraient. Le silence d’Adèle aurait surpris Jean Rostand, qui s’étonnait au siècle dernier que Dieu ne s’adresse pas aux hommes (Je croirais – écrivait-il dans ses ‘‘Pensées d’un biologiste’’ – au silence d’un Dieu qui n’aurait jamais parlé) ; à sa décharge, il n’avait pas lu Thierry Moral.

Si Adèle n’avait pas perdu la parole, on ne serait pas surpris, vu ce qui lui est arrivé, de l’entendre s’exclamer au chapitre 4 de la deuxième partie : « J’ai la chance de vivre une expérience unique. Profite, ma fille, profite ! ».

Le chapitre suivant parait déconnecté de l’ouvrage, il est cependant utile – mieux, nécessaire – pour nous aider (merci l’auteur) à comprendre comment fonctionne Georges. Arrivé à une petite moitié du roman, on se surprend - ‘‘on’’ ?! ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, ‘‘on’’, c’est moi, je n’ai pas honte de le dire - donc je me surprends à ne pas désirer connaître trop tôt la fin de l’histoire : comme souvent, le voyage est aussi important, sinon plus, que la destination. On parle – et ce on-là, cette fois, ce n’est pas moi – de voyage initiatique et jamais de destination initiatique, il doit bien y avoir une raison.

Quand j’attaque la troisième partie, je crois bien avoir deviné la chute. Il s’avérera que, s’il y avait un peu de ça, je n’y étais pas vraiment : l’auteur sait placer des leurres, pas trop visibles (c’est subtil : le lecteur s’imagine qu’il est très futé d’y avoir pensé…). Un peu plus loin, je me sens à nouveau malin, c’est un signe qui ne trompe pas : je suis, bien sûr, en train de tomber dans un nouveau piège tendu par un Thierry Moral machiavélique.

Comme chez certains maîtres du suspens, il n’y a rien à jeter : chaque élément, à sa place, concourt au récit (vrais indices, fausses pistes, indications relatives aux caractères des personnages.) Un roman bien construit, pour le plaisir du lecteur.

Pierre Bouvart

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