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lundi 4 mars 2013

Critique littéraire de "L'Être et le Néant"

Annie Poirier, auteur de "À l'ancre de mon coeur", nous offre cette critique littéraire de mon ouvrage, "L'Être et le Néant"


L'Être et le Néant



Depuis l'antiquité, l'homme s'interroge par le biais de la philosophie, sur l'Existence dont il aimerait saisir et comprendre le point de départ, l'instant et le devenir... Un questionnement qui fit et qui fait encore couler beaucoup d'encre, nourrissant les débats entre philosophes, théologiens, scientifiques et écrivains de toutes catégories de par le monde.

C'est en 1943 que Jean-Paul Sartre sortit une œuvre colossale : « L'Être et le Néant » devenue un classique de la philosophie française. Mais le commun des mortels continue à se perdre dans les méandres d'explications ou d'hypothèses aux termes savants qualifiés même par certains de barbares quand ce n'est de barbants !!!

C'est en 2012 que Stellamaris, poète et éditeur, publie une pièce de théâtre en vers sur trois époques et un épilogue : « L'Être et le Néant »... Enfin un ouvrage plaisant à lire autant qu'à entendre, pointant son doigt sur le concept de l'existence humaine face au néant.

Première époque

C'est, tout de go, dès le lever du rideau que nos deux célèbres protagonistes, l'Être et le Néant, entrent dans un dialogue autant savoureux, que rempli d'une vérité clairement exprimée.

L'Être :
          « …........................De n'être point,
          N'es-tu jamais las, mon ami ? »
Et le Néant de répondre :
          « …...........................................Tout être est oint
          De mon sceau ! Je l'attire, et si fort, de si loin,
          Qu'il suffit de penser à moi pour que l'on tremble ! ».

« Que tes plaisirs sont vains ! » rajoute le Néant à l'Être qui proteste en s'affirmant « pieux »...
          « Qu'on le nomme Jésus, Allah, ou l'Architecte
          Suprême, peut m'en chaut, de tout cœur je respecte
          En celui qui fut ; il est ; mieux ; il sera ! »

La réplique du Néant ne peut être que cinglante face aux barbaries qui ont sillonné l'histoire ! Mais c'est mal connaître l'Être dont l'intelligence croit déjouer les pièges tendus par son interlocuteur en lui disant : « …je m'en repens », tout en clamant sa quête du « vrai bonheur » ou de l'Amour avec un grand A, allant jusqu'à citer Shakespeare tandis que le Néant se gausse de la folie de l'homme...
          « Ah, mourir par amour, tuer par jalousie !
          Sublime invention, merveilleuse hérésie
          Que je sus insuffler en vos cœurs, mes petits, »

Et le premier acte ferme son rideau en laissant chaque personnage fort de sa vérité !
L'Être :
          « De savoir que je suis, que cela me délie ! »
Le Néant :
          « Quand le soir tombera, viendra l'heure du noir ! »

Deuxième époque

L'Être et le Néant se retrouvent un an plus tard, le premier ayant décidé de servir de bonnes causes après maintes réflexions sur l'inutilité d'une vie sans but...
-Rentrer en politique par exemple ?...
-S'engager dans l'aide humanitaire ?...
-Se « tourner vers le maître des cieux ? »...

Et le deuxième toujours aussi sarcastique de répondre :
          « À venir soulager le mal qu'il a causé
          Lui-même ; il nous méprise, il nous affame, et d'un baiser
          Nous calme ? Avez-vous vu pareille outrecuidance ? »

Pour combattre le mal, ne reste-t-il donc plus que la méditation? Se demande l'Être qui ne sait plus...
          « En Inde, l'on m'a dit, vit tel gourou fameux !
          « Alors que je le suive ! Et j'y vole, et j'y cours ! »

Troisième époque
Cinq ans plus tard

L'être se désespère et implore la Raison de lui dicter « ses règles et sa loi ! ». Mais le Néant en rigole !
          « Elle est aveugle et sourde et ne sait que compter, »

Alors à l'inverse de Louis Aragon qui disait,  je cite : - Il faut regarder le néant en face, pour savoir en triompher - l'Être lui tourne le dos et se ferme le rideau !
Le Néant aurait-t-il eu gain de cause ?

Épilogue
L'être et son fils.

Stellamaris nous a déjà habitués à l'excellence de ses sonnets tant au niveau de la forme parfaite que du fond. Ce dernier, clôturant un débat mené de main de maître, nous réconcilie en beauté avec la certitude que :
          « Ouvert à l'imprévu, sachant m'émerveiller
          De voir un arbre mort au printemps verdoyer !
          Vivre tout simplement, n'est-ce pas le plus sage ? »

À nous d'en tirer maintenant la plus belle des leçons ! Je vous invite à prendre autant de plaisir que j'en ai eu avec cette pièce qui s'adresse autant au cœur qu'à la réflexion, le tout parsemé d'un humour savant !

Annie Poirier