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samedi 9 février 2013

Critique littéraire de "Ancre"

Bamby, auteur de "Poèmes à coeur", nous offre cette critique littéraire de "Ancre", de Marcia Marques Rambourg



Ancre

J’ai découvert il y a quelques instants, le petit bijou de perfection qu’est « Ancre », le nouveau recueil de Marcia Marques-Rambourg. « Petit » car le format même de l’œuvre et lui confère une dimension originale, intime et attachante.

Devant la perfection des poèmes courts qui se succèdent et du tout qui se grave en moi comme des murmures noirs et doux, je ressens la pression de la volonté de fournir une critique qui saurait rendre justement et pertinemment toutes les facettes de la beauté, superbement simple, que véhiculent les mots de Marcia. A défaut d’y parvenir, je tâcherai de rendre au mieux l’impression merveilleuse que m’a laissée ce recueil, comme une tache indélébile et noble. Et en profite pour appuyer sur la nécessité de découvrir par soi-même cette œuvre, qui comme une fenêtre-miroir fera magiquement écho en vous, réfléchissant les tons propres de votre âme et mémoire, et de manière peut-être tout à fait différente de ce que j’essayerai de vous faire voir.

L’image d’une ancre, immobile, mais bercée par l’eau bleu nuit d’une mer profonde, capturant les rayons flous et mouvants du soleil à la surface, pourrait décrire la sensation précise et lente laissée par les mots ce recueil qui porte si justement son nom. La « sensation » est aussi cette robe, sensuelle et suave des mots, car la poésie de Marcia est comme la mélodie d’un corps tantôt brûlant, tantôt langoureux, puits ; surpris par la plume d’un esprit, nécessairement détaché de la douleur qu’il sublime.

          « Mon corps s’habitue à son absence
          Mon esprit souffre de la légère douleur
          Du manque, du poids de cet amour absinthe,
          Étrange »

La poésie de Marcia c’est à la fois le jeu lent et léger d’une chatte face à l’abîme, le nécessaire baiser blanc de l’amour au cœur de la nuit, et la voix claire qui s’impose pour survivre à l’infini du vide :

          « Heureuse dans mes heures défaites ; j’ai peur du blanc des mots
          De la nuit. »

Intime et profonde, la voix de Marcia s’élève et se dépose comme un prisme sur le néant et l’essence du monde, par un jeu de miroir, de surgescences et de de disparitions elle nous confronte au vide que l’on porte et aux échos de notre monde propre.

Elle débusque au fond de la douleur et de l’immobile, l’Amour qui nous porte et nous libère, conquis au prix d’une acceptation calme et courageuse : « l’Amour est une épreuve qui doit exister ».

Elle nous invite à dessiner un espace dans l’infini du monde et de nous-même, à bâtir une chambre où les fleuves sont les nôtres «[…] écrire des lieux tiens (exclusivement tiens). »

Elle dissémine en filigrane une sensualité et une nostalgie amoureuse, comme un îlot de délice mis en exergue par l’eau de la douleur ; comme une caresse lointaine que seules atteignent encore les tentacules de la mémoire, secrète et mouvante.

Enfin, pour conclure cette critique, plus suggestive que complète, je dirai que la poésie de Marcia Marques-Rambourg est comme une esquisse solennelle et douce, un trait de fusain noir, implacable et précis, apaisant de perfection et de mystère souligné. La langue est totalement maîtrisée et sans effort, en cela la lecture est particulièrement agréable, étonnante, marquante. La poésie de Marcia concilie à merveille contemporanéité et profondeur, noblesse. À savourer sans plus attendre, donc !